Pour prolonger la rencontre avec Yves Ravey
Article paru dans Le Monde du 04.04.08
Par Yves Ravey
Dernier livre paru : « Bambi Bar » aux éditions de Minuit.
Le souvenir est la seconde nature de l'écrivain. Sans celui-là, l'écrivain ne pèse plus rien. La pesée des âmes à l'entrée du royaume des morts est la grille du cimetière où patiente sa mémoire. L'écrivain n'est rien, le poids d'une cendre de cigarette.
Les souvenirs ont pris l'habitude, à force, et parce que souvenirs, de se montrer de dos. Uniquement. En noir et blanc, sur fond de neige. Paysage de Rien. Paysage de l'Histoire. Et plus loin l'attente, le quai de gare devant la porte des Enfers. Les bougies sur les tombes autour des églises et le recueillement. La force de l'habitude. Toujours revenir. Ne pas prendre congé. Dire et écrire, c'est répéter la scène de la prochaine descente.
Ce qui est dit est dit. Ce qui est fait est répété. C'est une revenance. La rime. D'une génération à l'autre, un genre se transmet. La lutte, ce serait parvenir à ceci : l'écrivain se retourne et sa mémoire envisage une direction hors le souvenir.
Nous avons cru. Mais la mémoire est illusion. Ce qui reste après le souvenir est devenu la réalité : des débris de parole, des tasses brisées sur l'évier, des gestes sur l'entassement des morts, les paroles de Claude Simon évoquant le soldat captif dans l'enceinte du Stalag IV-B à Muhlberg-oder-Elbe devant le feu. Dans la neige. Interdiction du paysage. Impossible de regarder le souvenir en face. On est un peu responsable de ce qui s'est produit il y a un plus d'un demi-siècle, quand on n'était pas né. Puisqu'on était à l'intérieur.
Nous n'avons pas quitté ce corps de l'histoire. Mais la mémoire ne reconnaît plus le souvenir. L'écrivain ne fait rien d'autre que ceci : marcher dans l'allée du cimetière, parmi les taches de neige. Il ne croit plus. Il ne peut supporter dorénavant son image. Interdit, il obéit à l'injonction de l'égarement genre objets trouvés ou salle des pas perdus.
Ainsi, la perte de la mémoire fonde l'illusion du souvenir. Mais l'écrivain n'est pas un être sans illusion. Il le sait : Etre sans illusion reste un confort existentiel. Socrate, par exemple, est sans illusion à la fin, mais c'est nulle part possible d'être dans la position de Socrate.
L'écrivain sait l'entrée dans la chambre aux murs confectionnés de plaques de liège qui atténuent les bruits du dehors. Nous ne savons rien de l'écrivain. Nous croyons connaître Claude Simon. Nous ignorons Marcel Proust. Socrate est coupable de mener des recherches inconvenantes sur ce qui se passe sous la terre et dans le ciel. Il est coupable de pervertir l'esprit des jeunes gens. Accusé de cela.
L'écrivain n'est accusé de rien. Sinon d'être le cimetière, d'être la grille et la fleur de la mémoire. Il est sans perspective. Sans ligne de fuite. Il regarde ses frères passer devant la chambre, passage sans cesse réitéré, comme la phrase réitère les mêmes mots.
Sa mémoire s'est arrêtée un jour. Durant l'exil à Babylone du peuple juif, elle ne s'est même pas arrêtée. Le Faust de Goethe ne l'a pas arrêtée. Devant Auschwitz, oui, l'histoire s'est arrêtée. Sans preuve. Les enfants n'ignorent pas cela. Le roman est l'illusion. Il est un trompe-l'oeil. La mouche sur le rebord du tableau de Petrus Christus, Portrait de moine Chartreux, Metropolitan Museum of Art - New York. Le roman est la vérité de l'illusion. Il est comme la mouche. Il atteste la beauté du monde dans son humilité. Nous n'abdiquerons jamais cette beauté. Les enfants non plus.
L'existence se déroule entre deux cimetières. Celui de l'enfance et celui de l'ensevelissement. Oppression du souvenir, des pages d'histoire dans les manuels scolaires. Restitution de l'horreur par parcelles. Ces pages n'accordent rien que la totalité. La totalité est l'histoire dans sa forme répétitive.
Mais impossible de traduire la mémoire par des mots cohérents. Ce qui nécessite l'invention de la langue et du roman.
S'il y a langue, il y a roman.
Le roman est inattendu comme la langue.
Le roman est un symptôme de la répétition, une réinvention permanente du souvenir, son actualité, ce geste transcrit sur les parois des monuments antiques. Il est l'archéologie, la trace, la photographie clandestine prise au camp d'Auschwitz par un membre du Sonderkommando, Femmes poussées vers la chambre à gaz du crématoire V, août 1944 - Oswiecim, Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau. Le roman est interdit. Le verbe est interdit. Il est la chair, ce gardien du camp. Au hasard des traces. Beaucoup mais pas trop. Cette impossibilité. Tant de religion, tant de noms gravés.
L'écrivain a peur en relisant ce qu'il vient d'écrire, il se souvient de ces photographies qu'il n'a pas prises, il se rappelle sa visite d'un endroit sans nom, sans mémoire, et revoit ses parents, pleure sa mère. Pardon.
Il a fallu l'accumulation du souvenir, rien que la répétition. Le cycle des saisons. La nature du roman : ne pas être compris à défaut de ne pas être lu. Etre entendu à défaut d'être envisagé.
Le roman naît chaque jour, le temps d'une étincelle. Le souvenir déclenche le roman. Dans le miroir du lecteur, son reflet éteint presque. C'est ce presque qui autorise l'écriture.
Et si Marcel Proust réinvente les noms de pays et de personnes, c'est pour observer mieux le reflet du souvenir dans cette miniature qu'est le roman, un cartouche de la mémoire déployé sous les fenêtres du lecteur. Celui-ci, entraîné par la multitude, déchiffre les noms au microscope et s'enfonce dans le souvenir du narrateur.
Face à cela, le lecteur, expulsé du paysage lui aussi, a signé, ouvrant le livre, un pacte avec l'auteur. Il lui reste à honorer ce contrat de ne pas se perdre, à produire l'effort nécessité par la mémoire vacillante des travaux et des jours, à la fondre dans son propre souvenir. L'écrivain, chaque jour, honore son contrat d'auteur d'un souffle plus ténu, qui, ajouté au souffle précédent, offre la possibilité du jour à travers les rideaux tirés.16:08 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pour prolonger la rencontre avec Virginie Linhart
Virginie Linhart : Mon père ce mao
LE MONDE | 16.05.08 |
Mon père s'est tu ; ses mots à elle dévalent en un torrent. L'intensité et l'émotion qui les portent déforment le menton de Virginie Linhart en tremblements qui laissent redouter la naissance de larmes. Dans la profusion de livres consacrés à Mai 68, le sien, Le jour où mon père s'est tu (Seuil, 180 p., 16 euros), se distingue par son écriture personnelle. Le cadre renvoie à l'histoire de cette période, avec les témoignages d'enfants - comme elle - de dirigeants révolutionnaires. Mais, ce qui touche, c'est sa recherche des raisons qui expliquent le silence dans lequel son père s'est réfugié depuis 1981.
Elle est la fille de Robert Linhart, l'un des fondateurs du mouvement maoïste l'UJCML, en décembre 1966, quelques mois après sa naissance. Lui, normalien, philosophe proche d'Althusser, s'est imposé Rue d'Ulm et dans les cercles révolutionnaires comme un personnage aussi brillant que charismatique. "Il était fou, vraiment fou", écrira de lui dans Le Monde (27 avril 2007) Bernard-Henri Lévy. En septembre 1968, Robert Linhart entre comme ouvrier chez Citroën ; il publiera en 1978 un livre, L'Etabli (Minuit), qui relate son expérience. "Il s'est tu après un bref accident mélancolique en 1981", dit-elle. "Vous formulerez cela comme vous voulez", ajoute-t-elle, pour nommer ce qui a été une sévère tentative de suicide, dont son père n'aurait jamais dû réchapper. "Avec ce qu'il a pris, il ne devrait pas être en vie", avaient assuré les médecins à la famille. Après le divorce de ses parents en 1972, elle est restée chez sa mère avec son frère. Son père s'est installé tout près et, de sa fenêtre au 5e étage, elle pouvait voir chez lui. "Pendant des années, je me suis couchée en vérifiant si c'était allumé, éteint, si c'était normal." Née à une époque où les gamins jouaient aux barricades dans les salons des parents, elle aimait à penser qu'ils en avaient fait, de beaux voyages, dans le ventre ou sur les épaules de leurs mères dans les manifs. "C'était d'une certaine manière le plus beau des mondes." Elle demandait, comme les autres enfants, à ses parents radicaux : "Qu'est-ce que c'est la politique ?", sans obtenir de réponse. Elle se sentait seule. Virginie Linhart a grandi dans un monde où les petites filles rêvaient de poupées Barbie, mises à l'index par leurs féministes de mères. Elle n'avait, bien sûr, pas le droit de lire les aventures délicieusement niaises de Martine à la ferme ou à la plage ni tout autre récit ayant pour héroïnes des princesses radieuses ou imbéciles promises à des destins merveilleux. Dès son plus jeune âge, vers 7 ans selon sa mémoire, son père lui a infligé des séances de dictées tirées de Flaubert, Maupassant et autres ; des textes exclusivement puisés dans les volumes de "la Pléiade". C'était surtout pendant les vacances dans les Cévennes, en haut d'une montagne. C'était beau, sans eau chaude ni chauffage ni télévision. Et avant le traumatisme de 1981. Elle rêvait, petite fille, comme les autres enfants qu'elle a interrogés, d'une maman qui viendrait la chercher à la sortie de l'école et qui préparerait, pour elle et ses amis, un chocolat chaud avec des tartines. Elle ne souhaite pas parler de sa mère, non plus de son frère, dont elle a été si proche et qu'elle ne voit plus depuis dix ans. La jeune femme est partie à la recherche de ceux qui, comme elle, ont vécu l'absence de vie familiale, la peur de vivre seule la nuit sans adulte ou baby-sitter. Elle raconte tout cela dans son livre et dans un documentaire 68, mes parents et moi, qui sera diffusé le 28 mai sur la chaîne Planète. Elle s'endormait chaque soir, parfois transie de trouille, sous le sourire bonhomme du président Mao, le héros de son père. Témoin de tous les problèmes des adultes sans pouvoir apporter de solutions, elle se souvient de ne pas avoir eu une enfance insouciante. Dans son livre, elle soutient que son père, né en 1944 dans des conditions difficiles, a vécu sans pouvoir surmonter le drame de ses parents, des juifs polonais réfugiés dans un village sur les hauteurs de Nice. Elle le décrit comme un survivant, à l'image de ses grands-parents, dont la plupart des proches ont disparu, victimes de la Shoah. "Mon père a vécu dans ce drame de l'extermination des juifs et il n'a pas su le résoudre, malgré son engagement politique." "L'explication romanesque de Virginie est peut-être juste. Je ne sais pas", dit sa tante Danièle Linhart, sociologue et directrice de recherche au CNRS. Elle confirme que, en 1981, la vie de la jeune fille a basculé lorsqu'elle a pris la mesure du drame familial. "Si Virginie a une dimension tragique, elle a le talent de tirer son épingle du jeu parce qu'elle s'est inventé un devoir de bonheur", assure Danièle Linhart. Elle décrit une jeune fille d'une grande fragilité, mais dotée d'une volonté très forte, qui a toujours été entourée d'amis, très coquette, vite émancipée. "Virginie, c'était une starlette, une minette à la mode, toujours pimpante, très vive, très joyeuse", confirme Inga Sempé, son amie des années de lycée, à Victor-Duruy, dans le 7e arrondissement de Paris. Elles ne parlaient jamais de politique, et Virginie, pendant ces années-là, n'a jamais évoqué le drame avec son père. "On parlait des mecs, de la vie." Pour elles, au cours de ces années de lycée, "68, c'était comme le XVIIIe siècle". Virginie suit des études supérieures (Sciences Po Paris) parce que, dans sa famille, il n'existe pas d'autre voie que l'excellence scolaire. Elle est attirée par la politique, ce dont témoigne le sujet des documentaires qu'elle réalise, mais fuit les discours. "Plus les gens sont enflammés, plus je suis en retrait." Combien de fois a-t-elle entendu, au point de fuir ses interlocuteurs : "Mais toi, avec ton nom, quand même, tu dois bien avoir un avis, ce n'est pas possible..." Un ancien de sa promotion à Sciences Po la décrit comme ambivalente sur ce point, ne détestant pas jouer de la notoriété de son patronyme. Dans sa méfiance de la rhétorique politique, il y a la peur de dire n'importe quoi et de se perdre. C'est pour cela qu'elle réalise des documentaires. C'est en travaillant pour Patrick Rotman, alors auteur puis réalisateur des "Brûlures de l'Histoire", une émission d'archives historiques, qu'elle découvre le pouvoir des images. "J'ai été émerveillée ; le documentaire a été un moyen de sortir de mon impasse d'universitaire qui ne veut pas l'être." Elle raconte ce qu'elle voit, utilise des expressions claires et simples. "Cela me convient à merveille." Dans les rares moments où il se décide à parler, son père lui a dit avoir été bouleversé par son livre, qu'il a lu "comme une déclaration d'amour". Il ne lui a pas dit que son interprétation de son silence était vraie ou fausse. Seule certitude, le livre l'a aidée, elle, à ne plus attendre d'explication. Alain Abellard
Parcours 1966. Naissance à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
1981. Son père fait une tentative de suicide et choisit le silence.
1987. Intègre Sciences Po Paris, après une licence d'histoire.
1994. Publie Volontaires pour l'usine. Vies d'établis (1967-1977), au Seuil.
1998. Naissance de son premier enfant, Bulle, puis Blanche en 2002, et Elie en 2006.
2008. Parution du Jour où mon père s'est tu, au Seuil. Article paru dans l'édition du 17.05.08
17:43 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Remise des Prix
Le jury du concours d'illustrations s'est réuni mardi 22 avril. Six personnes sensibilisées à la littérature jeunesse ont défini le classement des oeuvres réalisées par les classes participant au projet :
Gabriel Arnaud, amateur éclairé de littératures en tous genres
Claude Bonnin, dans le désordre : enseignant, peintre, illustrateur...
Florence Ermeneux, membre fondateur de l'association Tournelire (79)
Danièle Lacam, directrice du CDDP des Deux Sèvres
Emmanuel Leduc, coordinateur action culturelle du CDDP des Deux
Sèvres Sonia Péguin, responsable secteur jeunesse La Librairie
Les oeuvres sont exposées du 21 avril au 6 mai au CDDP, à partir du 7 mai jusqu’au 31 mai à La Librairie.
La remise des prix se déroulera le 15 mai à 14h00, à la salle municipale de Chauray. Toutes les classes sont invitées à participer à cette fête. Les enfants partageront un grand goûter et tous les travaux réalisés seront exposés. Des lectures sont organisées ainsi qu'une exposition présentant quelques couvertures de livres de Nadja et les travaux réalisés.
12:38 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Concours d'illustrations "l'Imaginaire de Nadja"
Toute une année scolaire consacrée à Nadja ! Une belle occasion de rendre hommage à l'oeuvre de l'auteur illustrateur de "Chien Bleu" : Nadja. Lancement, le 24 septembre d'un concours d'illustrations destiné à toutes les écoles maternelles et primaires des Deux Sèvres où l'oeuvre de cet auteur est à l'honneur. L'occasion de découvrir l'imagination, l'humour et le graphisme, en leurs multiples facettes à travers une vingtaine de titres pour tous les âges !
Bonne chance à tous...
Bibliographie officielle concours d'illustrations
« L'imaginaire de Nadja »
Rhinomer (Loulou et Cie) 2-4 ans 8,5 €
Tichouchou (Loulou et Cie) 2-4 ans 8,5 €
La boîte à comptines (Loulou et Cie) 2-4 ans 28,2 €
Mic et Mac (série rouge) (Loulou et Cie) 3-5 ans 10,4 €
Mic et Mac (série bleue) (Loulou et Cie) 3-5 ans 10,4 €
Des croquettes à la souris (album) 5-7 ans 12,5 €
L'horrible petite princesse (album) 5-7 ans 11,5 €
La jolie petite princesse (album) 5-7 ans 12,5 €
La petite princesse nulle (album) 5-7 ans 12,5 €
La petite princesse de Noël (album) 5-7 ans 12,5 €
Chien bleu (album) 6-10 ans 12,5 €
Mitch (album) 6-9 ans 12,5 €
La chanson d'amour (album) 7-10 ans 12,2 €
Livre des créatures (album) 7-10 ans 22,6 €
La petite fille du livre (album) 7-10 ans 12,5 €
Méchante (album) 7-10 ans 12,5 €
Contes de fées (album) 7-10 ans 22,6 €
Dryade (mouche) 7-10 ans 6 €
Momo l'intégrale (mouche) 7-10 ans 9,5 €
Le contrôle de transformation (mouche) 7-10 ans 7,5 €
La baguette qui ne marchait pas (mouche)7-10 ans 7,5 €
Les surfées (mouche) 7-10 ans 9,5 €
La deuxième nuit (neuf) 9-12 ans 8 €
Règlement du concours.doc
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Christian Bourgois
dans la vie d'un libraire, ça compte.... Parce qu'un vrai éditeur, ça ouvre des fenêtres... Cesar Aira, Roberto Bolaño, John Fante, Allen Ginsberg, Jim Harrison, Antonio Lobo Antunes, Juan Marsé, Henning Mankell, Toni Morrison, Fernando Pessoa, Maurice Pons, Enrique Villa-Matas, Manuel Vázquez Montalban, .... et tant d'autres marquants notre parcours de simple lecteur...
Découvrant la nouvelle ce matin, ce même pincement qu'en apprenant la mort de Jérôme Lindon, il y a quelques années... cette même tristesse... et je ne peux m'empêcher de partager la nouvelle avec vous.... Parce que nous sommes tous dans la même aventure.... S'il n'y a pas d'éditeur pour publier et dénicher des auteurs.... s'il n'y a pas d'auteurs à dénicher, s'il n'y a pas de libraires pour lire et conseiller... s'il n'y a pas de lecteur pour découvrir et acheter.... nous serions bien mal partis !
La tristesse ne mène pas à grand chose... alors juste vous conseiller, un oeil attentif à ce catalogue - nous aurons l'occasion d'en reparler-...
16:35 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note